Coupole de l’église Saint-Roch

La coupole de la Vierge à l’Église Saint-Roch

La coupole de la chapelle de la Vierge à l’église Saint-Roch à Paris, est l’oeuvre de Jean-Baptiste Pierre, alors Premier Peintre de Louis XV. Cette grande composition qui représente l’Assomption de la Vierge, inaugurée en 1756, a été peinte à l’huile sur lés de toiles marouflées. A la Révolution, l’église fut laissée à l’abandon; de l’eau s’infiltra en toiture et stagna entre les coupoles intérieure et extérieure. Toute une ceinture d’environ quatre mètres de hauteur fut ainsi complètement dégradée.

La coupole avait déjà fait l’objet de deux restaurations. Une première, en 1835, puis une seconde en 1931 par Belhomme, qui dut remplacer les parties disparues, soit environ 40% de la surface. Son intervention consista à maroufler de nouvelles toiles  selon un parcours sinueux et à recomposer les figures manquantes, ce qu’il fit en raccord d’une peinture déjà très encrassée.

En 1988, une nouvelle campagne de restauration devenue inévitable fut initiée ; elle se terminera en 1992.  La peinture de la coupole, très sale, masquée de surcroît par un vernis altéré, était indéchiffrable. Après une première phase de nettoyage et de dévernissage, la lecture en devint d’une rare complexité : l’énorme masse des restaurations antérieures se révèle irréversiblement assombrie en raison de l’oxydation de l’huile de lin utilisée pour les repeints.

Notre intervention (en collaboration avec le restaurateur Quentin Arguillère qui s’est occupé des parties XVIIIe) a donc consisté à traiter tout ce qui était en décalage de l’oeuvre originale, soit plus de 140 m2 sur les 328 m2 de l’ensemble.

Nous avons mis au point une technique spécifique, sur le principe de jeux de trames qui a permis d’éviter de nouveaux repeints sur les repeints existants. En utilisant des épongés en nuance, le dessin, quoique imparfait, des restaurations antérieures a pu n’être pas totalement occulté tant que, se référant aux quelques éléments épars qui avaient subsisté et qui formaient une mosaïque lacunaire, nous n’avions pas rétabli les ombres, les lumières ainsi que la gamme chromatique initiale.

Le respect déontologique de l´oeuvre originale était ainsi total. Cette technique, finalement plus proche du travail du peintre que de celui du restaurateur s´est avérée très efficace. Ce chantier exemplaire fait désormais référence en la matière.

Saint-Roch, vue du plateau à 25 métres de haut

Église Saint-Roch - Rue Saint-Honoré - Paris Ier

Inspecteur M.H. : F. Macé de Lépinay

Inspecteur général M.H.: C. Prévost-Marcilhacy

Maître d’oeuvre : P. Prunet

Ville de Paris  :  G. Brunel